Un peu d'Histoire

| Plan de Crocq au Moyen Âge | Histoire de la Creuse en Limousin |

CROCQ

Hameaux : La Bonnette, Les Bourgnons, Les Charraudes, Chez Pilat, Le Commandeur, Les Corrades, Côte Bertrand, Laval, Le Montel Guillaume, Le Naberon Bas, Le Naberon Haut, Le Point du Jour, Le Teilloux.

La ville est bâtie sur le versant sud du Puy de Rochat haut de 780 mètres.
Une version dit que Crocq devrait son nom à Crocus, chef germain, qui s'établit là à l'époque des invasions mais elle devait exister dès l'époque gallo-romaine, comme le prouvent une voie romaine dite "Chemin de César", qui va de Crocq en Auvergne, et les ruines d'un aqueduc de la même époque.
Le Moyen-Âge y a laissé plus de souvenirs historiques : Les deux vieilles tours, qui dominent la ville, sont les vestiges d'un château-fort du 12ème siècle. Trois rangs de murailles et des fossés les entouraient.
Un souterrain en partait et se dirigeait vers les pentes rapides de Crouville, berceau de la cité actuelle, qui fut détruite au 14ème siècle par les soldats du Prince Noir, qui, pendant 18 mois, campèrent sur le Puy de la Garde.
Crocq fut, à la fin du 16ème siècle, le berceau de la révolte des Crocquants.
Crocq est la patrie du Comte Joseph Cornudet des Chaumettes, député et sénateur, mort en 1834.
Promenade très agréable par de multiples petites rues où l'on découvre de très jolies
maisons de pierre, des puits à oreilles et margelles, des rues pavées, la Pierre Bâle et
l'ancien chemin de ronde.

SES ORIGINES
Un jour, dans les anciens âges, on entendit avec effroi, au pied des collines, un tumulte inaccoutumé. Les échos d'alentour répétaient avec teneur des hennissements de chevaux, un cliquetis d'armes, un murmure confus pareil au bruissement des vagues fuyant sur la grève rocailleuse devant le souffle bruyant de la tempête. C'était le germain Krokus et ses bandes indisciplinées.
Selon la légende, Crocq aurait été fondée par un détachement d'Alamans en l'an 256 de notre ère.
Lacépède, dans son " Histoire de l'Europe", s'exprime ainsi :
Après avoir parcouru les provinces de l'Est de la France actuelles, les Alamans déferlèrent en Auvergne, incendiant Clermont, où ils pillèrent de fond en comble le temple de Junon, et de là, ils continuèrent leur marche dévastatrice jusqu'à Herment, située à 18 km seulement de Crocq. Ils en firent un monceau de ruines. Ensuite, traversant la Marche et le Limousin, qu'ils mirent à feu et à sang, ils parvinrent jusque chez les vendéens, où ils furent vaincus.
Après leur défaite, ils revinrent sur leurs pas, poursuivis et harcelés par les peuples victimes de leurs déprédations. Pour échapper à une destruction complète, ils se réfugièrent au sommet d'une petite montagne, située aux confins de la Marche et de l'Auvergne, qui dominait les pays environnants ,
La tradition rapporte qu'après plusieurs années de séjour et de combats sur cette montagne, leur chef, qui s'appelait crocus ou KROKUS, vint à mourir.
Afin de perpétuer son souvenir, ses compagnons survivants décidèrent de donner son nom à leur campement, mais l'orthographe s'étant modifiée au cours des âges, il nous est parvenu avec sa forme actuelle.
Les origines de Crocq restent difficiles à déterminer, les avis étant partagés et aucune source précise ne nous autorisant à les cerner vraiment.


Crocq. (23), peut-être: c(a)r+cuc = hauteur, sommet pierreux. Le savant occultiste P. V. Plobb, dans "Le secret de Nostradamus, PARIS 1945" attribue la fondation de Crocq à l'activité Templière. L'emplacement de Crocq serait le deuxième foyer (crocus) d'une ellipse englobant la carte de France.
.... le calcul par accord de la latitude arrive à faire découvrir la commune de Crocq...située presque sur le méridien de Paris....
Cette explication est d'autant plus curieuse qu'il existe au sud de le France sur le même méridien, un village appelé Axat.
Paris, Crocq et Axat marqueraient l'axe de la France ! Le toponyme aurait ainsi un sens initiatique précis. Hélas, la figure qui accompagne le texte n'est guère convaincante, et Crocq s'y trouve manifestement placé au-dessous de sa latitude réelle, au surplus Crocq. existait probablement bien avant 1119 date de la création de I'ordre du Temple.
(aurait été fondé par le géant Krokus venu de l'est à la tête d'une bande de Germains : tous les historiens sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître que c'est certainement faux!)
ll faut se méfier des étymologies rapportées à un fait local, prétendument historique ; très souvent, l'histoire est moderne et n'a été inventée que pour tenter d'expliquer un sens oublié.

"Les noms de lieux de la Creuse (origine et signification) Ernest GLIGNY 1976

LA VOIE ROMAINE
Époque gallo-romaine : après la conquête de la Gaule par César (49 avant J.- C.), les
Romains couvrirent le sol de constructions diverses, de villas, de bains, de stations
militaires, etc.
Le canton de Crocq était traversé par une belle voie romaine, créée sans doute dès le 1er siècle de l'ère chrétienne. Cette voie partait d'Augusto-Nemetum (Clermont Ferrand), passait au-dessus du Puy-de-Dôme, allait à Couheix, à Gelles, à Beauclair, non loin de Voingt, où existait une importante ville romaine (qui a été fouillée par Ambroise Tardieu en 1882), un temple avec de belles peintures murales (semblables à celles de Pompéi), un aqueduc souterrain, une nécropole, un amphithéâtre.
Les fouilles de Beauclair ont eu un grand retentissement dans le monde savant. De Beauclair, la voie romaine gagnait Giat et passait près de Fernoël, puis entrait dans la Creuse. Elle arrivait près de Crocq, sur ses bords et non loin de cette ville, M. Le Comte Cornudet, qui fit faire des fouilles archéologiques, trouva des objets d'incinération (un petit grill, une cuillère de fer...), conservés à Crocq par ses descendants. On a trouvé près de Crocq, une petite mosaïque en verre, genre cloisonné de 4 centimètres, regardée par les archéologues comme le premier de tous les émaux (cette mosaïque se trouve au Musée de Guéret).
De Crocq, la voie romaine passait à Pontcharraud. Elle suivait, du reste un chemin qui a servi, pendant tout le Moyen-Age, pour le passage des troupes en campagne et celui de la poste. De Pontcharraud, la voie allait, par diverses étapes, à Limoges.


ÈRE FRANQUE ET BARBARE
Sur le territoire de la commune de Saint Georges eut lieu une rencontre, en 555, entre
Chramme et ses frères Caribert et Gontran, fils du roi Clotaire, qui se disputaient la
succession de leur père avant qu'il ne fut mort.
Au moment où les deux armées s'ébranlaient, il s'éleva une violente tempête qui empêcha la bataille.
Les Sarrazins ravagèrent le Limousin et l'Auvergne en 732. Ils massacrèrent les populations en haine de la religion chrétienne, car ils étaient musulmans. Ils venaient d'Espagne.


ÈRE FÉODALE
Avec le roi Hugues Capet, à la fin du 10ème siècle, les monticules se couvrirent de forteresses et de donjons. En 997, le pays de Combrailles fut ravagé par le mal des ardents, lequel consistait en un feu horrible qui consumait les victimes intérieurement. La famine s'en mêla, de sorte que l'évêque de Limoges (Hidin) permit de manger de la viande pendant la carême.
La première croisade prêchée à Clermont en 1095 eut pour résultat de faire partir une
foule de seigneurs de la région. Beaucoup y périrent. Guillaume de Villelume, seigneur de Villelume près de Mérinchal, escalada l'un des premiers les murs de Jérusalem, avec Godefroy de Bouillon, en 1099.
En 1181, des bandes d'aventuriers, appelés cottereaux, ravagèrent la Marche

LES SEIGNEURS DE CROCQ
Guillaume VI, Comte d'Auvergne, seigneur de Crocq, se rendit à la croisade 1102, en revint en 1121 et mourut vers 1136. Il épousa Anne de Sicile.
Ils eurent un fils, Robert III, comte d'Auvergne, seigneur de Crocq (1136 - 1145), qui, en 1140, fit bâtir le château-fort d'Herment et en 1145 l'église de cette ville. Il épousa Marchèze d'Albon. On croit qu'il mourut en Palestine en 1145.
Il eut Guillaume VII, Comte d'Auvergne, seigneur de Crocq qui fut à la croisade avec son père en 1145. Son oncle en profita pour s'emparer de ses états ; il y eut un traité entre eux. Guillaume Vll fut lésé et obtint la partie occidentale de l'ancien comté, comprenant Crocq, Fernoël, Herment, Pontgibaud, Rochefort. Toutefois, cette injustice lui fit quitter son nom pour prendre celui de Dauphin qu'il légua à son fils. Il épousa Jeanne de Calabre.
Ils eurent un fils, Robert 1er, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Cors en 1160, d'Hersant, de Montrognon, Pontgibaud,..., comte de Clermont, de Montferrand. Il prit les armes des Dauphins de Viennois, en mémoire de Guigues, Dauphin de Viennois, son bisaïeul.
Il soutint Richard Coeur de Lion contre Philippe-Auguste (1196), il bâtit le château de Crocq, s'adonna à la poésie, protégea les troubadours.
En 1209, le roi Philippe-Auguste lui fit de nouveau la guerre et Crocq lui fut alors enlevé avec 120 places,rendues en 1229.
Il eut de G.(dite "comtesse Brayère), comtesse de Montferrand, sa femme, Guillaume 1er, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Crocq, qui rendit foi-hommage au roi en 1225 pour la terre de Crocq et épousa: - en premières noces Huguette de Chamalières, dont il eut Robert II (1)
- en deuxièmes noces, lsabeau, d'où vint Catherine (2)
A cette époque, la terre de Crocq fut divisée en deux : une partie à Robert II, une partie à Catherine, sa soeur et les descendants des deux ont possédé Crocq: ceux de Robert II jusque vers l'an 1333, ceux de Catherine jusqu'en 1346.
(1) Robert II, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Crocq, testa en 1262, épousa Alix de
Ventadour. Ils eurent Robert III, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Crocq, mort en 1282, marié à Mahant d'Auvergne, dont Robert IV, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Crocq, mort en 1324, qui épousa :
1°) Alix de Mercoeur, dont il eut Jean 1er, Dauphin d'Auvergne, seigneur de Crocq, qui hérita en 1321 de la terre de Mercoeur et qui, en 1333, donna le château et la terre de Crocq à son cousin, Guillaume de Chaslus, seigneur en partie de Giat. Ce dernier vendit ses droits sur Crocq à André de Chauvigny.
2°) lsabeau de Chatillon
Catherine, Dauphine d'Auvergne, dame de Crocq (1212 - 1256), épousa Guichard V Beaujeu, seigneur de Montpensier, d'une illustre maison du Beaujolais. Ils eurent :
- Bric ou Haie de Beaujeu, seigneur de Crocq et d'Herment, maréchal de France, dit le Maréchal d'Herment, marié à Alengarde d'Aubusson. En 1270, il partit pour la croisade avec le roi Saint Louis et fut tué au siège de Tunis. Il mourut sans enfants.
- Humbert de Beaujeu, héritier d'Eric, son frère en 1270, fut seigneur de Crocq, de Montpensier, d'Herment, connétable de France. Il mourut vers 1286. De sa femme Isabelle de Mello, il eut Jeanne de Beaujeu, dame de Crocq, d'Herment, de Montpensier, ..., mariée à Jean II de Dreux, descendant de Robert de France, 5ème fils du roi Louis Le Gros. Elle et son mari moururent en 1309 et laissèrent:
- Jean de Dreux, seigneur de Crocq, d'Herment, de Montpensier,...,marié à Ide de Mauvoizin, mort en 1331 sans enfants.
- Pierre, comte de Dreux, seigneur de Crocq après son frère, mort en 1345, marié à lsabelle de Melun, dont il eut Jeanne de Dreux, dame de Crocq, née en 1315, morte en 1316.

Après la mort de Jeanne de Dreux, le bailli d'Auvergne réclama la succession en faveur du sire de Beaujeu, comme plus près parent ; mais un arrêt du parlement de Paris, du 13 avril 1350, adjugea Crocq et Montpensier à André de Chauvigny qui descendait des Beaujeu. Cet André fut seigneur de Saint Chartier, épousa Jeanne de Gracay. En 1354, il est qualifié seigneur de Crocq (Armes de Chauvigny: d'argent à 5 fusées et deux demies de gueules, en fasce, surmontées d'un lambel de sable de 6 pièces). André avait pour sœur Blanche de Chauvigny , mariée à Guy Le Bouteiller de Senlis (vers 1320), duquel mariage naquit: Guy Le Bouteiller, seigneur de Crocq, de Leuroux et d'Artonne, marié vers 1345 à Marie de Cherchemont (le Bouteiller porte de gueules chargée de 3 coupes d'or). Ils eurent une fille, Blanche Le Bouteiller, dame de Cors, d'Arçon, mariée :
1°) vers 1362, à Philibert de Lespinasse
2°) vers 1365, à lmbaud Brun du Peschin
3°) en 1376, à Godefroid de Boulogne, comte d'Auvergne.
Imbaud Brun du Peschin appartenait à une noble famille du nom de Brun, qui retint le nom du Peschin , terre située en Bourbonnais (porte : coupé d'argent et d'azur, à la croix ancrée de gueules sur l'argent et d'argent sur azur). ll était le fils de Chatard du Peschin.
Il fut seigneur de Crocq par sa femme, favori et gouverneur de Jean, duc de Berry (1364) et mourut en 1377. Il eut :
1°) Louis, seigneur de Leuroux, le Monteil, Artonne, chambellan du duc de Berry, marié à Yseult de Sully. Il mourut avant 1430 et laissa Jacquet du Peschin, qui après la mort de Jacques du Peschin et de Dauphine de Montlaur, devint dame de Crocq (1460), mariée le 20 octobre 1416 à Bertrand Vl de la Tour d'Auvergne, comte d'Auvergne et de Boulogne.
2°) Jeanne du Peschin, mariée en 1376 à Louis de Giac.
3°) Jacques Du Peschin, seigneur de Crocq, de Guérines, de Rochegude, auquel fut donné le château et la châtellenie de Crocq par partage en 1388. Il épousa le 12 janvier 1381 Dauphine de Montlaur, d'une illustre maison du Vivarais, fille de "noble et puissant homme" Jehan de Montlaur et d'lsabelle de Vulton. Dauphine de Montlaur, dame de Crocq et de Rochegude, est celle dont le souvenir vit encore dans cette localité en vertu de ses immenses charités.

Quelques lustres à peine se sont écoulés depuis le siège de Crocq par les anglais. Par suite de successions ou d'alliances, aux termes d'un partage en 1388, la terre de Crocq appartient maintenant à Jacques BRUN DU PESCHIN'
(Blason des BRUN DU PESCHIN :écartelé d'argent et d'azur à la croix ancrée, brochant d'azur sur l'argent et d'argent sur l'azur) ce dernier épousa, le 12 janvier 1381, Dauphine de Montlaur issue d'une noble famille du Vivarais. La tradition rapporte que les nouveaux époux firent de leur terre de Crocq leur résidence quasi permanente.
Dauphine de Montlaur était compatissante à la détresse dans laquelle se trouvait la population de son domaine. Les incursions anglaises, toutes récentes encore avaient laissé des traces et de ce fait, la misère était grande. Aussi la châtelaine s'ingéniait-elle à répandre un peu de bien-être autour d'elle. Voir la Légende de Dauphine de Montlaur
Jacques du Peschin étant mort en 1420, Dauphine de Montlaur put continuer à son gré ses charités. D'étroits liens l'unissaient désormais à sa ville adoptive, qu'elle ne cessera de doter par la suite d'institutions et de combler de libéralités :
- le 9 mai 1428, elle fonda une vicairie en l'église de Crocq
- le 15 décembre 1444, elle procéda à la fondation d'un Chapitre collégial.
- elle fit don à l'église paroissiale du prestigieux triptyque de saint Eloi.

Elle s'éteignit en 1460, à la veille d'être centenaire. L'Abbé Védrine nous relate ainsi la fin touchante de la noble dame :
"Il est minuit, le ciel n'a point d'étoiles, des nuages noirs s'avancent lentement au fond de l'occident et l'on voit briller de lointains éclairs à l'horizon. Le vent fait mugir les chênes de la forêt d'Urbe et souffle avec violence dans les vitraux de l'église voisine. Cachée dans les flancs du beffroi, l'effraie de sa voie sépulcrale pousse un chant de la mort. Bientôt, des nuages amoncelés déchargent une horrible tempête. Le tonnerre fait entendre des grondements continuels. La pluie tombe par torrents des nues ouvertes par les éclats de la foudre. La cloche de l'église mêle sa voix religieuse au murmure des vents pour conjurer l'orage. On dirait que la nature entière va descendre au tombeau.
Les jeunes servantes se pressent autour de leur maîtresse mourante comme pour chercher derrière ses vertus un abri contre le formidable orage. Loïse, la préférée d'entre elles, tristement accoudée sur le e rebord de la petite fenêtre qui domine l'église, donne libre cours à ses larmes et à ses regrets. Tout à coup, elle se lève émerveillée et accourt près du lit de la sainte dame. Elle a vu sur la flèche du clocher une flamme brillante resplendir et voltiger autour de la croix de fer qu'elle couronne d'une auréole de feu. A ce récit, ses compagne s'empressent d'aller contempler ce merveilleux spectacle !
- Eh bien, reprend la châtelaine d'un ton solennel et prophétique, semblant sortir
d'une longue extase, cette lumière flamboyante que vos yeux ont aperçue, rappellera
désormais le souvenir de mon amour pour ce pays, pour le peuple de cette contrée et sera le gage assuré de ma protection. Quand, dans les nuits d'orages, elle s'élèvera de mon tombeau et ira se poser sur la croix aérienne, alors que les cloches se taisent, tout danger sera écarté.
Quand l'aube par trois fois eut visité la chambre funèbre, un cercueil sortit du noble manoir et s'achemina lentement vers l'église. Les pauvres qui vivaient de ses aumônes, et tous ceux qui avaient eu leur part de ses bienfaits, lui faisaient un long et glorieux cortège, et d'une voix entrecoupée de sanglots, redisaient les vertus et les charités de la châtelaine.
C'est dans la chapelle, où pendant le cours de son existence, elle avait épanché au pied
des autels tant d'humbles et ferventes prières, que son corps fut déposé. Point d'ornement sur son tombeau, aucune inscription, une large dalle de granit couvre encore les saintes reliques de la mère du pauvre et de l'orphelin. Mais le peuple garde d'elle un précieux souvenir et il va toujours visiter avec amour et respect le tombeau de la noble dame. Il redit toujours dans les longues veillées d'hiver, les bienfaits, les bontés et les vertus de la charitable châtelaine.
Au siècle dernier, avant que l'église primitive ne fut démolie, quand sur la petite ville
l'orage tonnait au sein des nuits, le peuple courait au pied des vieilles tours chercher
avidement des yeux dans l'obscurité "Les chandelles miraculeuses " de la Dame de Montlaur. Lorsqu'elles s'étaient fixées sur la flèche du clocher, après s'être enflammées sur le tombeau, on se retirait tranquille, les cloches cessaient de sonner. Il n'y avait plus rien à craindre de la tempête car la Dame de Montlaur avait prié pour sa cité chérie. "